Chimiothérapie du cancer du poumon

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Parmi les traitements du cancer du poumon figure la chimiothérapie. Elle est employée dans 36 % des cas de cancers épidermoïdes (non à petites cellules). Celle-ci est connue pour ses effets secondaires assez lourds. D'autres méthodes sont pratiquées séparément ou de manière associée. Un vaccin est même à l'étude.

Quand a-t-on recours à la chimiothérapie du cancer du poumon ?

La chimiothérapie consiste à détruire les cellules cancéreuses en empêchant leur division et en les éliminant dans l'ensemble de l'organisme. Ce traitement du cancer du poumon est généralement administré par voie intraveineuse (en perfusion) ou, plus rarement, sous forme de comprimés.

On peut utiliser la chimiothérapie sur un cancer du poumon lorsqu'on se trouve face à un cancer bronchique non à petites cellules et que :

  • Le cancer du poumon est au stade Ib.
  • On souhaite réduire la taille de la tumeur avant une chirurgie ou une radiothérapie (chimiothérapie néoadjuvante), ce qui permet ensuite de la retirer en totalité avec plus de facilité.
  • On souhaite réduire les risques de récidive et améliorer la survie en association avec l'immunothérapie (survie globale de 83 % à 2 ans).

Bon à savoir : l’immunothérapie est désormais utilisée dès la première ligne dans les situations localisées, car elle permet des gains en survie sans progression et en survie globale.

Pour les cancers ALK mutés, la thérapie ciblée remplace en traitement adjuvant la chimiothérapie (qui était jusque-là le standard des cancers du poumon à risque de rechute), avec un gain de survie sans progression de 35 %.

La chimiothérapie peut également être employée en cas de cancer du poumon à petites cellules :

Toutefois, les avancées thérapeutiques sont moindres dans les cancers à petites cellules, à l’exception de l’immunothérapie, qui semble apporter un bénéfice modéré chez les patients métastatiques.

Un nouvel activateur des cellules T, qui fait le pont entre cellules immunes et cellules cancéreuses, est en phase 2 avec des taux de réponse encourageants.

Sources : d’après le point presse Unicancer, lors du congrès de l’European Society for Medical Oncology 2023 (Madrid, 20-24 octobre 2023), et la communication de la Dre Muriel Dahan, directrice de la Recherche et du Développement d’Unicancer.

Chimiothérapie du cancer du poumon ciblée

Depuis peu, une chimiothérapie ciblée a vu le jour. Elle permet de s'attaquer directement et uniquement aux cellules cancéreuses. Dans le cadre du traitement de certains cancers du poumon non à petites cellules, elle va intervenir :

  • en bloquant un gène qui favorise la multiplication des cellules cancéreuses ;
  • en bloquant le récepteur du facteur de croissance épidermique (R-EGF), une protéine qui favorise la survie des cellules tumorales.

Malheureusement, seuls quelques adénocarcinomes bien spécifiques répondent à ce type de traitement.

De nouveaux médicaments anticancéreux, les BH3 mimétiques, ont également été mis au point pour inhiber directement cette protéine. Ils interviennent sur le mécanisme d'apoptose (mort cellulaire programmée qui devrait en principe entraîner la destruction des tumeurs) afin de le refaire fonctionner normalement. Cette nouvelle approche permet de traiter 25 % des tumeurs malignes, dont celles du cancer bronchique.

Enfin, l’Agence européenne des médicaments a approuvé le Krazati® (adagrasib), un inhibiteur de la protéine mutante KRAS G12C pour le traitement des adultes avec cancer bronchique non à petites cellules avancé et dont la maladie s’est aggravée après au moins un traitement systémique.

Grâce à ces nouveaux traitements, la mortalité liée aux cancers du poumon non à petites cellules a quelque peu diminué et, en parallèle, les taux de survie ont augmenté (ce qui n'est pas le cas des cancers du poumon à petites cellules).

Déroulement des séances de chimiothérapie du cancer du poumon

Les séances de chimiothérapie du cancer du poumon s'organisent de la manière suivante :

  • Elles se déroulent sous forme de cures hebdomadaires ou mensuelles (avec un intervalle de 3 semaines sans traitement entre 2 séances).
  • Le programme de chimiothérapie peut durer de 3 à 12 mois, selon un agenda préétabli. Néanmoins, le calendrier peut être modifié en fonction de la tolérance du patient. Par mesure de précaution, les oncologues procèdent généralement à quelques examens avant chaque nouvelle cure. Il s'agit de s'assurer que le patient parvient à supporter le traitement.
  • Sauf cas particuliers, les médicaments sont administrés par perfusion le plus souvent et deux par deux, ce qui optimise leur efficacité.

Par ailleurs, la chimiothérapie peut être couplée à la radiothérapie pulmonaire :

  • La chimiothérapie est généralement administrée avant la radiothérapie.
  • Cela peut être intéressant puisque certains médicaments tels que le cisplatine rendent les cellules cancéreuses plus sensibles aux rayons.

Reste que la chimiothérapie du cancer du poumon a des effets secondaires importants qui peuvent être augmentés si elle est couplée à une radiothérapie.

Une étude montre également les bénéfices d’un traitement par association d’immunothérapie (nivolumab) et de chimiothérapie en amont de la chirurgie. Approuvé aux États-Unis en mars 2022, ce traitement s'administre à raison de trois cycles d’immunothérapie plus chimiothérapie, avant la chirurgie.

Bon à savoir : certaines cellules cancéreuses développent une chimiorésistance. Toutefois, celle-ci devrait pouvoir être contrée en renforçant les lymphocytes T à l'aide d'une immunothérapie mise en place dès l'apparition du phénomène de résistance.

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